L’UNIVERS

C’est un monde sauvage, fait de larges prairies, de forêts profondes, de montagnes inaccessibles, d’un océan majestueux, habités par des tribus humaines et par leurs dieux.
Des dieux ?
Oui, des dieux innombrables et très variés. Il y a le Grand Océan, le premier parmi eux, qui règnent sur de nombreuses tribus de pêcheurs. Cependant, il est loin d’être le seul. Chaque rivière, chaque forêt ou montagne abrite sa divinité.
Nous pouvons croiser Tarr le dieu fleuve, les Nymphes des Fontaines souterraines, Bordur le Géant-Roc, Vif le dieu des Vents, etc.
Chaque dieu règne sur une ou plusieurs tribus humaines, l’abreuvant de ses bienfaits et la transformant parfois à son image, comme Azur, le Rapace des Cimes et ses Oiseleurs, les Berrs du Dieux Ours Gromhir ou encore les Chommes du Roi Félin.

Les humains de ce monde sont des chasseurs-cueilleurs, des pêcheurs et parfois des éleveurs, comme les bergers du Dieu-Bouc.
Leurs sociétés sont toutes organisées autour de leur sorciers/chamans/prêtres, qui sont leur chefs spirituels et temporels, ainsi que leurs diplomates.
En effet, les relations entre les tribus dépendent des relations entre les dieux eux-mêmes. Et si les conflits sont fréquents, ils sont très ritualisés et peu sanglants.

C’est ainsi que se décrit ce monde d’il y a 2000 ans, juste avant la Grande Ébullition ou la mort du Dieu Océan.
La Mort d’un Dieu ? Comment ?
Avec l’arrivée de trois nouveaux Dieux, très puissants : Guerre, Justice et Opulence. Cette Trinité est arrivée sur le monde de la Malhorde par une faille… Interdimensionnelle ? Une déchirure dans la réalité ? Nous n’en savons rien.
Quoiqu’il en soit, leur arrivée à faire bouillir une grande partie de l’Océan, tuant un Dieu et créant un nouveau continent : l’Emergée.

Cette nouvelle terre a tout de suite été occupé par les nouveaux Dieux de la Trinité. Très vite, ils ont soumis des humains, tuant leurs dieux par centaines. Ce fut le début d’une guerre atroce.
Les humains se sont retrouvés des deux côtés, serviteur des Dieux originels ou bien de la Trinité. Combattants et victimes à fois.

Sous le contrôle de la Trinité, au milieu des territoires déformés et mutés de l’Emergée, les humains ont créé une société urbaine, très hiérarchisés, tournés vers la production de biens très variés et surtout, d’armes. Des cités dantesques et cauchemardesques sont sorties de terre.
Cependant, pour Guerre, Justice et Opulence, les humains n’étaient pas suffisants.
Pas suffisants ?
Trop fragiles, dénués de magie.
Alors, ils les ont manipulés, mutés, transformés en utilisant le sang des Dieux qu’ils avaient vaincus, pour créer les Éphros.
Les Éphros ?
Deux espèces aux fonctions bien distinctes.
Tout d’abord, les Éphrolites, la voix des Dieux. Des êtres élancés à la voix pleine de magie. Les chefs des cultes, les leaders naturelles de la société de la Trinité. Ce sont des administrateurs et des diplomates hors-pairs.
Ils parlent peu, préférant user de gestes. En effet, leur voix est d’or et puissante. Elle peut agir sur la réalité.
Les armées de la Trinité reposent sur la puissance de leur voix et sur les armes construites par les Éphrodîmes.
Les Éphrodîmes, la deuxième espèce ?
Tout à fait, des êtres plus petits qu’un humain, aveugles mais avec un toucher et une ouïe surdéveloppée. Leurs mains possèdent deux pouces opposables. Ce sont les orfèvres et les artisans de la Trinité.
Ce sont des bâtisseurs, des ingénieurs. Ils portent d’innombrables bijoux sur eux, les cliquetis de ceux-ci leur permettant de s’annoncer, mais aussi de s’identifier entre eux.
Et les humains dans tout ça ?
Les humains sont des esclaves, au service des Éphros. Ils ne sont guère plus qu’une main d’œuvre servile, voir même, parfois, un simple carburant.
Ainsi, ils servent d’enveloppes charnels pour que les Éphros puissent se battre. Ces derniers, doué de magie grâce à leur sang d’essence divine, projettent leurs âmes dans des corps d’humains spécialement sélectionnés pour leur endurance et leur force. C’est ainsi qu’ils combattent les tribus humaines des Dieux Originels.

Et puis il y a eu la GRANDE FRACTURE.

La Grande Fracture, c’est une révolte, une sécession violente d’une partie des Éphros contre la Trinité elle-même.

Les créatures qui se révoltent contre leurs créateurs ?

Exactement. Suite à une grave défaite sur le front – la guerre contre les Dieux Originels est toujours là, dans les Terres Disputées – des éphrodimes et des éphrolites rejettent la suzeraineté de la Trinité. Ils se pensent demi-dieux, capable de gérer leur propre société. Après quelques années de combats – ils survivent en grande partie parce que la Trinité se bat sur deux fronts – les rebelles prennent le contrôle d’une côte, nommée la Frange.
Conscient de la fragilité de leur société face à la toute puissante Trinité, les éphros libres vont fonder des « villes roulantes », puis, désireux d’agrandir leurs territoires à travers les îles du Pontark, des « villes flottantes ».

C’est donc une société nomade, divisées en trois « ordres militants », hérité des trois dieux de la Trinité. En effet, de manière curieuse, bien qu’ayant rejeté la suzeraineté de la Trinité, les éphros ont gardé les divisions originelles entre les serviteurs de Guerre, de Justice ou d’Opulence. Une division qui s’est accentuée bien plus que dans la société de la Trinité.
Ainsi, « l’Ordre de l’Abondante prospérité » voyagent dans des villes usines produisant les matières nécessaires à « l’Ordre de la Voix des Armes » qui gèrent des villes forteresses, chargé de protéger la Frange et d’explorer les îles du Pontark. « L’Ordre de la Juste Cécité » s’assure que les relations entre les trois ordres restent cordiales. Ils écrivent les traités, les contrats qui sont signés entre les différentes villes et vérifient qu’ils soient suivis à la lettre.
Bien sûr, si les éphros se disent libres, leur société repose sur l’esclavage massif des humains. Ces derniers sont la matière première, la monnaie et le socle sur lequel repose leur société.


Leur mépris des éphros envers les humains est même bien plus virulent qu’au sein de la Trinité. La majorité des opérations militaires de « l’Ordre de la Voix des Armes » consiste à capturer des esclaves par milliers.

La Trinité ne fait rien ?

Elle essaye, mais c’est un combat difficile. Elle se bat déjà contre une coalition des Dieux Originels, qui ont su mettre de côté leur différents pour lutter contre l’envahisseur commun.
De plus, la société des Ordres ne doit pas être seulement combattu par les armes. C’est une idée dangereuse, qui peut séduire de nombreux éphros. Alors, la rébellion reste un secret aux yeux de l’immense majorité de la société de la Trinité.
Pour toutes ses raisons, la Trinité est incapable de mettre fin à la rébellion. Celle-ci se renforce, gagne en puissance et en force. Les villes nomades s’agrandissent et voyagent de plus en plus loin. Les îles du Pontark deviennent la chasse-gardée des Ordres
Et c’est là qu’un évènement inattendu s’est produit, quand les premières villes non nomades des Ordres ont été construites sur les côtes des futures Terres Libres.

Les esclaves humains se sont rebellés à leur tour ?

Exact, mais ce ne fut pas prévu, pas programmé. Ce fut la conséquence d’une malédiction sur les éphros.

Une malédiction ?

Aucun éphros ne s’était jamais retrouvés aussi éloignés de la Faille et de la présence de la Trinité. Loin de leurs créateurs, les créatures se sont mises à mutés, à se transformer, à redevenir humains, à régresser. Comme si l’influence de la Trinité était la seule capable de maintenir leur intégrité physique.
Imagine, des éphros convaincus de leur supériorité physique, moral et intellectuel, se mettant à redevenir humain, ou pire, muter en des aberrations abjectes.
Loin de la Frange, la société des Ordres s’est effondrée. Les humains se sont organisés, se sont libérés. C’est ainsi que les cités libres sont nées.

Des cités libres, elles sont nombreuses ?
Des dizaines, mais que l’on peut rassembler en trois grands groupes – l’influence de la Trinité est encore partout ! Tout à fait ! -.
Tout d’abord, il y a la grande cité de Libertalia, à la démocratie qui se veut la plus pure possible. Le tirage au sort et l’anonymat sont la base de cette société étrange. Les habitants ont l’habitude de portés des masques pour dissimuler leur visage. Ils sont d’ailleurs appelés « les masqués » avec un brin de dérision par les autres habitants des cités libres.
Ensuite, nous avons Fier-Roc, la cité forteresse, une dictature militaire dont la population est avant tout un réservoir humain pour son armée. C’est le principal rempart des Terres Libres contre les expéditions des Ordres.
Les cités marchandes de Croizeaux et Port-Franc domine le troisième groupe. Ce sont des ploutocraties reposant sur familles marchandes très puissantes.
Toutes les autres villes se rangent dans l’une de ses trois catégories, suivant leur proximité avec l’une de ses villes, le choix de leur population et/ou le rejet d’un modèle.
Ainsi, certaines vassales de Fier-Roc sont devenues des dictatures militaires avant tout pour rejeter le modèle de Libertalia.
C’est un joyeux foutoir ! Les Ordres n’ont rien fait pour écraser cette rébellion ?
Ils ont essayé, mais c’est très dur de se battre sans pouvoir être sur place. Les éphros ont envoyé des armées d’humains, en projetant leurs âmes sur de grandes distances, depuis les îles centrales du Pontark. Cependant, c’était au tour des Ordres de se retrouver à se battre sur deux fronts.
Et puis, les cités libres ont su aussi s’entendre afin de vaincre au cours des trente années qu’on duré les Guerres des Libertés.
Pourquoi LES guerreS DES libertéS ?
Parce que chaque cité estime avoir mené SA guerre pour conquérir SA liberté, même les combats ont été menés en commun, avec des armées cosmopolites.
Face aux armées des Ordres, les cités libres ont dû recourir à une magie interdite, celle de la projection des âmes. Bien sûr, il était hors de question pour des humains de recourir à d’autres humains pour créer des « enveloppes de combats ». Alors, ils se sont mis à fabriquer des poupées, de paille, de cuir et de coton. Dessus, ils placent des « diamants de contrôle », comme le font les éphros avec leur enveloppe humaine.
Bien sûr, les humains ne sont pas aussi bon magicien que les éphros. Alors, pour eux cette pratique est très dangereuse, surtout avec des poupées inanimées, bien plus propices à la « fuite des âmes ». Une poupée trop abîmée, déchiré, et l’âme peut être aspiré dans le vide, comme de l’air dans un scaphandre troué.Hélas, la nécessité fait loi et pendant des années, les cités libres n’avaient rien de mieux à opposer aux Ordres.
Elles ont recruté des dizaines de milliers de personnes. La force physique n’avait aucune importance, seul comptait la capacité à conserver l’intégrité de son âme. Ainsi, pour servir dans les armures de combat, les cités libres ont recrutés des enfants, des adolescents, parfois des vieillards. Des combattants avec une allure bien inhabituelle !
Mais cela n’a pas suffi ?
Cela a suffit à survivre, mais pour vaincre, il a fallu attendre l’arrivée de la poudre et des armes à feu. Une technologie que les éphros avait gardé secrète pour garder leur suprématie.

Quoiqu’il en soit, les nouvelles armées professionnelles des cités libres ont remisés les armures de combat au placard.
Les Ordres ont fini par demander la paix, renonçant – temporairement très certainement – à leur suzeraineté sur les Terres Libres.
Et maintenant ?
Maintenant, les Cités Libres se disputent entre elles. Des guerres limitées, courtes, pour l’instant… Et surtout, elles tournent leurs regards vers les autres terres qui s’offrent à elles. Celles des Dieux Originels.
Après, ces Cités Libres n’ont-elles pas un devoir moral de libérer leur voisin de l’influence de leur dieu, quel qu’il soit ? Dans un souci d’éthique, bien entendu.Fier-Roc lorgne sur la Terre des Ours, Libertalia voudrait reprendre le contrôle des îles du Pontark et de la Baie des Noyés, les cités marchandes voudraient « sécuriser » les voies des Collines égarés et agrandir les terres cultivables… une nouveauté introduite par la Trinité et inconnu des natifs des Terres Libres.

C’est ici qu’intervient la Malhorde !